Aubadja - Artistes numériques

Limēs

Année de création : 2014

Installation sonore et lumineuse

Co-production :
Festival Les Jardins Synthétiques

Soutien matériel :
Studio Solstice

Ébenisterie :
Bruno Suire

Limēs est une installation audiovisuelle interactive où la silhouette du spectateur laisse entrevoir ce qu’il y a derrière le mur. L’individu seul n’accède qu’à une parcelle de ce paysage, la sienne que l’on peut assimiler à son point de vue. Cependant plus les spectateurs sont nombreux plus le paysage devient visible et audible, et alors les silhouettes se confondent entre elles et élargissent le champ de vision et d’écoute.

Limēs en latin signifie à la fois le chemin dans le sens du passage, et la limite dans le sens de la frontière; il s’agit ici de proposer une installation qui explore les nouvelles technologies afin d’offrir une métamorphose du mur en une fenêtre virtuelle sur le monde extérieur, dont les limites sont sans cesse à renouveler et à explorer.

L’installation soulève la question de la limite, elle agrandit notre point d’horizon par notre propre corps. La limite n’est plus le mur qui sépare l’extérieur de l’intérieur, mais l’individu dont les limites de sa silhouette redessine sans cesse les frontières entre le dedans et le dehors.

Si les corps des spectateurs appartiennent au réel, la virtualité envisage la dissolution de ce qui les sépare. Le mur devient une fenêtre et l’être une vision du paysage. Le reflet du corps devient à la fois le support en mouvement d’un paysage extérieur, et exploite la perméabilité de la surface du mur. L’opacité devient une forme, un geste.

Du point de vue expérientiel, l’installation change notre esprit d’analyse du groupe en centrant non plus notre regard sur la personne physique mais sur ses répercussions en tant que forme. La présence nourrit notre possibilité de vision vers l’extérieur, une agoraphilie en deux temps, l’envie de foule puis celle de se retrouver à l’extérieur.

Dans un rapport kinesthésique et intime à l’oeuvre, Limēs nous donne à apprendre la particularité de nos formes et de l’impact de notre propre mouvement corporel pour en dégager une singularité. Ce n’est que dans la complexité d’une organisation d’éléments singuliers, les corps, que notre vision s’élargit.